#1 23/08/2015 09:57:06

Franck
Administrateur

L'attitude gagnante face à la crise boursière

Bonjour,

Un vieil article que j'ai récupéré dans mes archives, écrit par Jean-Jacques Hénin (22/01/2008).

"Quelle stratégie adopter face à la crise boursière ?", puisque c'est le terme consacré quand la Bourse perd plus de 20%. "Faut-il attendre de voir comment se passera la première partie de l'année 2008 pour voir où investir ?". Ce sont certaines des questions posées respectivement par Olivier et Marie, que je remercie, dans des commentaires récents. La crise boursière fait peur, c'est la panique, tout le monde vend, parfois à perte, de peur de perdre plus. Vous n'osez pas investir par crainte de ne pas être sur le marché au bon moment. Quelle attitude adopter ? Quel est mon sentiment sur la crise boursière ? Comment rester zen ?

Ne vous souciez pas du court terme quand votre objectif est le long terme. La bonne pratique est d'investir régulièrement sur les marchés boursiers dans lesquels vous croyez sur le long terme. L'argent dont vous avez besoin à court terme ne doit pas être investi en Bourse. Personne ne sait quand les marchés vont monter, quand ils vont baisser, ni combien de temps cela va durer. Vous devez donc être investi sur les marchés tout le temps, pour profiter des hausses comme des baisses. Les corrections et les retournements de marchés sont habituels, nécessaires, sains et même bons pour vous. Si les marchés montaient tout le temps, il y aurait plus d'acheteurs que de vendeurs. Les gains en Bourse seraient alors les mêmes que pour les placements garantis. Vous ne devez pas être angoissés ni même concernés par un retournement de marché puisque vous savez que sur le long terme le marché retournera 10% par an ... si vous restez dessus ! En simplifiant, car cela se produit sur une plus longue durée, si le marché baisse de 20% cette année, il remontera de 40% l'année suivante, pour faire +10% par an. N'écoutez pas les médias qui font leurs gros titres des baisses, car le sensationnel fait vendre. Peu importe leurs analyses contradictoires sur le court terme, vous investissez pour le long terme.

Une crise boursière signifie que ce sont les soldes ! "Vendez quand tout le monde achète, achetez quand tout le monde vend" est un adage bien connu dans le monde de la Bourse. C'est en l'appliquant que de nombreuses personnes, dont Warren Buffett, ont fait fortune. Car quand les cours s'effondrent, cela signifie qu'il y a de bonnes affaires à réaliser. Ce sont les soldes ! Que vous achetiez à -30% maintenant ou plus tard à -50%, si jamais la baisse continue, ce qui n'est pas sûr, vous serez récompensez quand les marchés repartiront à la hausse. En investissant régulièrement, vous êtes sûrs de profiter pleinement des soldes. La bourse, c'est comme les montagnes russes, après la descente, il y a toujours une montée. Aujourd'hui beaucoup de sociétés sont sous-valorisées. L'explosion de la bulle internet au début des années 2000 était due principalement à la capitalisation boursière irréaliste de startups qui ne gagnaient pas d'argent. Cela devait s'arrêter un jour. La crise actuelle est une crise financière : le marché manque de liquidités pour investir, les banques ne se prêtant plus d'argent entre elles, parce qu'elles ne savent pas lesquelles sont solvables, dans le cadre de la crise du subprime. Les fondamentaux des sociétés cotées en Bourse ne sont pas en cause. Les sociétés européennes, en particulier, n'étaient pas surcotées avant la crise. Certaines valent même aujourd'hui en Bourse moins que le montant de leur trésorerie, ce qui n'est pas normal et ne durera pas. Ces sociétés sont clairement sous-évaluées. Il y a de très bonnes affaires à réaliser.

Si vous ne restez pas tout le temps sur le marché, vous ratez le plus important des hausses. Beaucoup d'études l'ont montré, la plus célèbre étant celle de Ibbotson Associates, société qui fait autorité dans l'allocation d'actifs. Cette étude a montré qu'en investissant 1000 $ il y a 40 ans, vous auriez aujourd'hui 86 550 $. Mais si vous êtes sortis du marché uniquement les 1% du temps ayant produit le meilleur rendement, vous n'auriez que 4 492 $ ! Quand donc ont lieu ces 1% de meilleurs jours en Bourse ? Dans les périodes de crise, vous l'avez deviné ! Quand le marché se retourne. Quand on ne sait pour quelle raison, tout le monde décide à nouveau d'acheter. Si vous n'êtes pas restés sur les marchés, si vous essayez d'être sur le marché au bon moment, vous ratez ces 1% du temps. Le temps que vous vous rendiez compte que le retournement a lieu, il est trop tard ! Vous avez perdu la meilleure partie de la hausse. Une étude sur le blog de FiveCentNickel présente les 10 meilleurs jours en Bourse. Trois des 10 meilleurs jours se situent dans les dix jours suivants le lundi noir de 1987. Quatre sont lors de l'éclatement de la bulle internet, dont deux jours juste au moment où le marché est arrivé à son plus bas. Est-ce-que vous voulez vraiment rater les jours des plus gros gains de la Bourse ?

Vous êtes sûrs de perdre en voulant être sur le marché au bon moment. Il n'existe pas de raison pour expliquer les plus mauvais jours, comme pour les meilleurs jours, en Bourse. La crise du lundi 21 janvier 2008 n'a pas d'explication rationnelle. Les raisons qui peuvent être invoquées ici ou là existaient depuis plusieurs semaines ou depuis plusieurs mois. Personne ne peut dire pourquoi la crise a lieu ce lundi plutôt que le lundi précédent ou le jeudi suivant. Les raisons de ce jour précis sont émotionnelles plus qu'elles ne reposent sur les fondamentaux. Personne ne peut donc les prédire. Les spécialistes n'y parviennent pas. La majorité n'arrive pas à faire mieux qu'un fonds indiciel. Vous ne pourrez prédire quand sera le plus haut ni quand sera le plus bas du marché. Vous raterez forcément les 1% de jours qui donnent le meilleur rendement. Les plus célèbres investisseurs, dont Warren Buffett et Peter Lynch, affirment qu'essayer d'être sur le marché au bon moment est une erreur. Le 19 octobre 1987 le portefeuille de Warren Buffet a baissé, en une seule journée, de 342 millions de dollars ! Combien d'argent a-t-il perdu ? Rien du tout. Il n'a rien vendu. Les fluctuations du marché ne créent pas de pertes. C'est l'investisseur qui panique et qui vend qui crée sa propre perte.

Ne faut-il pas attendre pour investir ? Dans les faits, c'est le meilleur moment pour investir, si vous le faites régulièrement pour le long terme. Si vous vendez quand c'est la crise et que vous attendez que le marché soit à la hausse pour acheter à nouveau, vous vendez bas et vous achetez haut. De même, ne rebalancez pas votre portefeuille sous la pression des marchés, en vendant quand ça baisse et en achetant quand ça monte. Rebalancez votre portefeuille systématiquement, une à deux fois par an, pour prendre les bénéfices de ce qui a bien marché et ne retrouvera plus ces performances, et investir dans ce qui n'a pas marché et fera mieux à l'avenir. Ainsi quand une crise boursière survient, vous ne serez pas trop exposés sur un fonds particulier ayant pris trop de place en augmentant sa valeur.


L'investissement en OPCVM (Sicav - FCP)
fonds prend un "s", au singulier comme au pluriel | krach s'écrit avec "ch"

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23/08/2015 09:57:06

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Re : L'attitude gagnante face à la crise boursière



#2 23/08/2015 17:39:44

May-the
Membre

Re : L'attitude gagnante face à la crise boursière

Très bon article. Le rebalancing du portefeuille est vraiment un acte assez difficile à faire, en abandonnant ce qui marche pour investir dans les actions/fonds qui sous-performent, mais clairement sur le long terme c'est ce qu'il faut être capable de faire, alors que la nature nous pousse à faire le contraire, vu que l'on juge la performance dans le rétroviseur.

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#3 23/08/2015 19:52:29

Malolechat
Membre

Re : L'attitude gagnante face à la crise boursière

Merci pour cet article Franck, c'est comme ça que je conçois l'investissement en bourse!!!

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#4 24/08/2015 02:25:58

Claudibus
Membre

Re : L'attitude gagnante face à la crise boursière

Merci Franck pour ce très bon article. Je reste toutefois un peu coincé avec le dernier paragraphe qui me semble être un peu en contradiction avec l'essentiel de ce qui précède. En ce qui me concerne, il y a bien longtemps que j'ai décidé au contraire de ne pas pratiquer la prise de bénéfice en tant que telle et s'il m'arrive de le faire avec plaisir ce n'est qu'à l'occasion d'arbitrages qualitatifs. Quant à l'inverse, le renforcement des lignes faibles afin d'abaisser le coût moyen, je ne le prends pas non plus comme une pratique en tant que telle car le risque est se retrouver avec des lignes pléthoriques dont personne ne sait si elles continueront à végéter, ou pas. Là également je donne la priorité à la décision au motif d'arbitrage qualitatif. Autrement dit, mon motif d'arbitrage est essentiellement qualitatif en m'assurant ainsi que chacune de mes lignes sont en bonnes mains, ou au moins aussi bonnes que possible.

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