#1 22/11/2019 18:29:52

dcliff
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Livre : La gestion de portefeuille


«Soyez craintif quand les autres sont avides, et cupide quand les autres sont craintifs»
«Toujours investir pour le long terme." Warren Buffett
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22/11/2019 18:29:52

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Re : Livre : La gestion de portefeuille



#2 28/11/2019 12:44:18

dcliff
Membre

Re : Livre : La gestion de portefeuille

Extrait du site de l'Echo - 21 novembre 2019 03:15

https://www.lecho.be/les-marches/actu/g … 83943.html

Pour Roland Gillet et Georges Hübner, on fait les mêmes erreurs qu’avant la crise de 2000 lorsqu'un excédent de liquidités s’investissait dans des actions avec des perspectives soi-disant énormes. ©Kristof Vadino
Marc Lambrechts



Chaque fois que l’on ouvre le robinet des liquidités, il y a des excès sur les marchés, soulignent les professeurs de finance Georges Hübner et Roland Gillet.

Georges Hübner et Roland Gillet, qui viennent de publier le livre "La Gestion de Portefeuille" (1), lancent un avertissement. Ceci alors que les marchés d’actions, notamment aux États-Unis, ont enregistré de fortes hausses en 2019 (plus de 20% de progression).

"C’est le phénomène Tina (there is no alternative)", souligne Georges Hübner, professeur de finance à HEC Liège qui, depuis 2015, est aussi administrateur indépendant, président du comité d’audit et membre du comité des risques de Belfius Banque.
Le problème des perspectives bénéficiaires et de l'endettement

"Les valorisations des actions américaines sont élevées" dit-il. "Nous ne sommes pas nettement au-dessus des PER (rapport cours/bénéfices) historiques. Mais ce sont surtout les perspectives bénéficiaires qui posent problème dans le contexte de ralentissement de l’économie. Je pense que l’on risque de traverser des années décevantes. En réalité, on fait les mêmes erreurs qu’avant la crise de 2000. À l’époque, il y avait aussi un excédent de liquidités qui s’investissait dans des actions avec des perspectives soi-disant énormes".
" Il est impossible de définir le timing d’une nouvelle crise. "

En 2000, la bulle des valeurs internet sur le marché Nasdaq a éclaté. "Les mêmes causes ont eu des effets encore plus violents et plus systémiques en 2008. On a l’impression que les gens n’apprennent jamais".

Roland Gillet pense, de son côté, que la hausse des marchés pourrait encore se poursuivre un certain temps vu les injections de liquidités menées par les banques centrales. Mais, ce qui inquiète plus particulièrement le professeur de la Sorbonne (Paris) et de l’ULB (Solvay), c’est la montée générale de l’endettement, phénomène lié à l’argent facile. Cela augmente les probabilités d’une déconvenue future, dit-il. "C’est impossible d’en définir le timing, mais le jour où cela se produira, cela risque d’être assez violent."


Dans le livre, Georges Hübner s’intéresse notamment à la question du contrôle des performances des gestionnaires de fonds. "Vous seriez étonnés de voir combien le monde de la finance est immature en la matière. Même du côté des superviseurs. Quand on parle à la FSMA des contrôles des performances ajustées au risque, elle nous dit que ce n’est pas son problème" dit le professeur de HEC Liège.

Or, souligne-t-il, il y a énormément de moyens par lesquels un gestionnaire de portefeuille peut, volontairement ou involontairement, magnifier et embellir la manière dont il a géré le patrimoine des investisseurs qui lui ont confié des fonds. Par exemple, grâce à la vente d’options sur les actifs sous-jacents.
" Distinguer le bon grain de l’ivraie, souligne le livre, constitue un défi majeur dans la gestion de portefeuille. "

Il égratigne un peu au passage la firme Morningstar qui délivre des étoiles à des fonds de placement comme le fait un guide Michelin à des restaurateurs. "Un gestionnaire qui offre des fonds à sa clientèle va surtout regarder si les étoiles sont en nombre suffisant. Mais il faut bien comprendre une chose: ce que fait Morningstar est basé sur un seul profil d’investisseur. C’est trop standardisé et réducteur. Il faudrait considérer que la performance soit liée au profil de l’investisseur".

Pour Roland Gillet, au final, tous les gestionnaires fonds ou presque reçoivent d’ailleurs des récompenses. "Il y a parfois plus de prix que de Sicav. Dans certaines sous-catégories, il n’y a même parfois qu’un seul fonds en compétition" constate-t-il.
Distinguer le bon grain de l'ivraie

Distinguer le bon grain de l’ivraie, souligne le livre, constitue un défi majeur dans la gestion de portefeuille. Il importe de pouvoir, de manière fiable, identifier parmi les gestionnaires actifs qui ont délivré des returns apparemment très bons, ceux qui ont réellement surperformé leur indice de référence, par contraste avec ceux dont ces bons résultats ne sont, au mieux, qu’un coup de chance.

Pour Roland Gillet, aucun gestionnaire de fonds ne bat systématiquement le marché sur une longue période. Selon lui, les gestionnaires qui ont le culot d’affirmer qu’ils performent mieux que tous les autres, de manière récurrente et permanente, ne disent tout simplement pas la vérité.

(1) "La gestion de portefeuille. Instruments, stratégie et performance" (3ème édition). Roland Gillet et Georges Hübner. De Boeck Supérieur, 576 pages, 39,50 euros.


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#3 28/11/2019 13:22:13

Echolyn
Membre

Re : Livre : La gestion de portefeuille

Merci dcliff pour cet article très intéressant.

J'aime beaucoup ce qui est dit de Georges Hübner :

"Il égratigne un peu au passage la firme Morningstar qui délivre des étoiles à des fonds de placement comme le fait un guide Michelin à des restaurateurs. "Un gestionnaire qui offre des fonds à sa clientèle va surtout regarder si les étoiles sont en nombre suffisant. Mais il faut bien comprendre une chose: ce que fait Morningstar est basé sur un seul profil d’investisseur. C’est trop standardisé et réducteur. Il faudrait considérer que la performance soit liée au profil de l’investisseur"."

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